28.08 — 29.11.2020

SPLIT WINDOW : Turn the tide #1

Rémy Bourakba, Clara Cimelli, Morgane Portal, Bronte Scott

28.08 - 11.09.2020 / SISSI club

La marée, tide, c’est le « mouvement alternatif, périodique et journalier du niveau de la mer, de plus ou moins grande amplitude, dû à l’attraction de la lune ainsi qu’à celle du système solaire. »

Emerger, c’est « sortir au-dessus de la surface de l’eau, d’un liquide. »

Apparaître au-dessus, à la surface d’un milieu quelconque; apparaître en se détachant d’un milieu quelconque.

Se manifester par le phénomène d’émergence.

Devenir peu à peu audible ou visible; se détacher sur un fond.

« Avancer contre vents et marées » consiste à continuer « en dépit de tous les obstacles, malgré toutes les difficultés. »

Et turn the tide, en français, c’est « inverser le cours de [qch] ».

Turn the tide a l’ambition de questionner la notion d’émergence à travers les œuvres de quatre artistes des Beaux-Arts de Marseille à l’occasion de l’inauguration de la biennale internationale Manifesta 13 Marseille.

Incarnation d’une énergie débordante, d’une euphorie expansive, le travail de Clara Cimelli se déploie au feutre sur papier machine. La pauvreté du support lui permet de créer en quantité et d’user jusqu’à plus soif l’encre sur le support. On retrouve dans ses dessins l’adrénaline et l’épuisement de la fête, des parcs d’attraction, du jeu. Dans un grand bain fluorescent, un peu marécageux, poppe des personnages cartoonesques, célébrant l’anti-éducation des caves souterraines où l’on s’entasse; un dégueuli de bavures de couleurs, comme une marée noire.

Davantage dans la tempérance, Morgane Portal s’aventure aux abords du carnaval, de son folklore, et le charivari qui en émane. Marquée par un voyage d’étude à Hambourg, elle découvre la peinture contemporaine allemande et son ambassadeur, Martin Kippenberger. À sa manière, elle s’interroge alors: « Comment tu dessines une pomme en peinture? » Et décide ainsi de représenter la foule en bonne poire. Grâce à de subtiles jeux d’esprits, Morgane Portal dépeint sa nef des fous.

À la croisée de plusieurs registres, Bronte Scott construit une œuvre sculpturale, d’écriture et de vidéos à la fois « conceptuel et idiote ». Se jouant de l’esthétique industrielle usitée autant dans les pratiques contemporaines que dans les pages de catalogue GIFI, l’artiste invente des formes comme des blagues, écrit des textes comme des farces, questionnant la narration inhérente d’objets souvent domestiques, leur sens, leur absence de sens voire leur ineptie.

À la recherche d’« accident », de rencontres fortuites, le travail de Rémy Bourakba est plongé dans un univers ultra coloré où se croisent bull riders, moto GP, panthères, fusées, trophées et drapeaux suspendus. Ce répertoire de symboles prend la forme d’épais fanzines produits à la chaîne dans l’immédiateté de la technique du monotype. Comme en studio, le dessin, une fois mis en peinture, acquière, ombrage et mise en scène. Format géant et installations chancelantes invitent alors à profiter du show.

 

Vernissage le 8 octobre de 18h à 22h.
Une proposition de SISSI.
Commissariat d’Elise Poitevin et Anne Vimeux (SISSI).
Partenaire : Beaux-Arts de Marseille.

SISSI club 18 rue du coq 13001
#Exposition
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